Bellezza
Fonctionnalités
TarifsBlog
Langue
Retour au blog

Comment fixer les prix des prestations d’un institut de beauté au Maroc ?

Un soin peut remplir une cabine et laisser trop peu pour payer le reste. Calculez son coût complet avant de choisir un tarif ou une remise.

Esthéticienne réalisant un soin du visage en cabine
Crédit photo : Photo de Gustavo Fring sur Pexels

Votre soin visage se vend bien à 200 MAD. Pourtant, entre le temps passé en cabine, les produits et la commission, vous ne savez pas ce qu’il reste. Augmenter le tarif risque de faire hésiter les clientes ; le maintenir sans calcul peut prolonger le problème.

Commencez par calculer ce qu’une séance doit couvrir au niveau d’activité réellement vendu. Ajoutez ensuite l’excédent que vous visez et confrontez ce prix à ce que vos clientes acceptent pour ce soin précis. Voici une méthode pour fixer les prix des prestations d’un institut de beauté au Maroc, avec un exemple entièrement fictif en MAD.

1. Mesurez le créneau complet, pas seulement le soin

Chronométrez plusieurs séances représentatives. Incluez l’accueil nécessaire à la prestation, la préparation, le soin, le rangement et la remise en état de la cabine. Un soin de 60 minutes peut immobiliser une esthéticienne et une cabine pendant 75 minutes.

Séparez le temps de travail de la personne et le temps d’occupation de la ressource lorsqu’ils diffèrent. Si un appareil travaille sans présence constante, cela ne rend pas la cabine disponible pour une autre cliente. À l’inverse, ne facturez pas deux fois le même temps d’une collaboratrice qui suit réellement deux étapes compatibles.

Pour le premier calcul, choisissez une prestation simple avec une personne et une cabine. Vous pourrez ensuite affiner la répartition pour les soins mobilisant plusieurs intervenantes ou un équipement coûteux.

2. Divisez les charges par les heures que vous pouvez vendre

Une salariée présente 160 heures dans le mois ne réalise pas forcément 160 heures de prestations. Les pauses, la préparation, les tâches internes et les créneaux invendus réduisent le volume qui finance sa rémunération.

Calculez son coût mensuel pour l’entreprise, puis divisez-le par les heures de créneaux effectivement consacrées aux prestations vendues, en conservant la même définition du temps que dans votre calcul par séance. Pour une création, utilisez une hypothèse de remplissage prudente, puis remplacez-la par les heures observées.

Répartissez aussi les charges communes : loyer, énergie, accueil, assurance, logiciel, entretien et coût d’usage du matériel. Une première méthode consiste à les diviser par les heures de prestations vendues par l’ensemble de l’équipe. Deux personnes occupées simultanément pendant une heure représentent alors deux heures d’activité.

Cette clé doit rester cohérente avec les ressources consommées. Un soin sur appareil coûteux peut nécessiter une charge spécifique plutôt que la même répartition qu’une épilation courte. Évitez surtout les doubles comptes : un salaire déjà affecté directement à la prestation ne doit pas être ajouté une seconde fois aux charges communes. Si vous réalisez vous-même les soins, valorisez aussi votre travail ; votre présence n’est pas gratuite pour le modèle économique.

3. Comptez les produits consommés et les coûts variables

Pour chaque référence, partez du coût d’achat et de la quantité réellement utilisable. Un flacon fictif à 300 MAD qui permet 20 séances revient à 15 MAD par séance. Ajoutez les autres produits, les consommables jetables et les pertes constatées, plutôt qu’un forfait choisi au hasard.

Les commissions proportionnelles au prix ne sont pas un montant fixe. Si la règle est de 10 % sur le prix après remise, une séance vendue 220 MAD génère 22 MAD de commission ; la même séance vendue 176 MAD en génère 17,60. Ajoutez séparément les autres coûts variables éventuels, notamment ceux liés au mode de paiement si votre contrat en prévoit.

Notre guide sur le calcul des commissions en salon aide à définir la base, l’attribution et les corrections. Pour construire le tarif, utilisez la règle réellement convenue avec l’équipe.

4. Calculez un prix avec une marge définie

Exemple pédagogique, sans valeur de tarif de marché : un institut étudie un soin visage. Tous les montants sont exprimés sur une base hors taxes. Le traitement fiscal du prix final est à adapter à l’établissement ; aucun taux de taxe n’est supposé ici.

Les hypothèses sont les suivantes : 60 minutes de soin et 15 minutes de préparation et remise en état, soit 1,25 heure mobilisée. Le coût mensuel de la collaboratrice, charges comprises et hors commission variable, est de 6 000 MAD, réparti sur 120 heures de créneaux vendus. L’institut supporte 12 000 MAD de charges communes, hors cette main-d’œuvre et hors consommables, réparties sur 300 heures vendues par l’équipe. Il n’y a pas d’autre coût variable dans cet exemple.

Élément de la séanceCalculCoût
Travail de l’esthéticienne6 000 ÷ 120 × 1,2562,50 MAD
Charges communes12 000 ÷ 300 × 1,2550 MAD
Produits et consommablesQuantités estimées pour une séance37,50 MAD
Coût avant commission62,50 + 50 + 37,50150 MAD

Supposons une commission de 10 % du prix de vente HT après remise et un objectif d’excédent de 20 % de ce même prix, après les coûts modélisés et avant impôts. Ce pourcentage sur le prix de vente n’est pas une majoration de 20 % du coût.

Prix cible = coût avant commission ÷ (1 − taux de commission − part d’excédent visée)

150 ÷ (1 − 0,10 − 0,20) = 214,29 MAD

L’institut retient 220 MAD HT comme prix de travail, à confronter à son marché et à convertir en prix final selon sa situation. À ce prix, la commission est de 22 MAD et il reste 220 − 150 − 22 = 48 MAD, soit environ 21,8 % du prix après les coûts prévus.

Ce résultat n’est pas une promesse de bénéfice net. Il dépend de la durée, des quantités et surtout du volume vendu qui sert à répartir les charges. Si le centre ne vend que 240 heures au lieu de 300, la part de charges communes passe à 62,50 MAD par séance. Toutes les autres hypothèses étant maintenues, le solde à 220 MAD tombe à 35,50 MAD.

5. Confrontez le prix au marché, sans recopier le voisin

Relevez des prestations comparables autour de votre institut : durée complète, protocole, produits, expérience de l’intervenante et prestations incluses. Un soin express de 30 minutes et un soin de 60 minutes ne donnent pas un repère de prix interchangeable, même s’ils portent le même nom.

Le voisin peut avoir un autre loyer, davantage de rendez-vous, un coût d’achat différent ou un prix de lancement provisoire. Son tarif ne vous indique donc pas votre seuil de rentabilité. L’approche présentée par Bpifrance Création pour fixer un prix croise justement coûts, clientèle, concurrence et positionnement ; elle apporte une méthode générale, pas une référence tarifaire marocaine.

Si votre clientèle n’accepte pas le prix calculé, revenez à la prestation : faut-il simplifier le protocole, revoir les achats, créer un format plus court ou mieux expliquer ce qui est inclus ? N’abaissez pas seulement la marge sur le papier. Testez une proposition précise et notez les réservations obtenues, les refus et les raisons données.

Ce que coûte une promotion de 20 % dans cet exemple

Reprenons le tarif de travail de 220 MAD. Une remise de 20 % ramène le prix à 176 MAD. Les produits, le temps mobilisé et les charges allouées restent identiques ; seule la commission proportionnelle baisse à 17,60 MAD.

176 − 150 − 17,60 = 8,40 MAD après les coûts modélisés

Le solde par séance passe de 48 à 8,40 MAD, soit une baisse de 82,5 %. Une réduction de 20 % du prix peut donc absorber une grande partie de l’excédent. Si la promotion déplace simplement une cliente qui aurait réservé au tarif normal, elle coûte sans apporter de volume supplémentaire.

Pour un créneau qui serait resté vide, raisonnez aussi sur les dépenses réellement ajoutées par le rendez-vous : certaines charges mensuelles sont déjà engagées. Mais ce raisonnement ponctuel ne suffit pas à fixer le prix permanent de la carte, qui doit financer l’ensemble de l’institut. Le guide pour remplir les créneaux vides sans brader traite cette décision commerciale distincte.

Vérifiez une prestation chaque semaine avec vos données

Commencez par le soin le plus vendu ou celui qui consomme le plus de temps. Pendant quelques semaines, relevez sa durée réelle, le montant vendu après remise, les produits utilisés et la commission attribuée. Comparez ces observations aux hypothèses de votre fiche de calcul.

Dans Bellezza, les paiements et rapports permettent de suivre les encaissements, soldes, revenus et commissions par période. L’agenda donne le contexte des rendez-vous ; la gestion du stock, selon la formule, aide à suivre les quantités et mouvements enregistrés. Ces informations alimentent votre calcul. Les loyers, charges de personnel et autres dépenses doivent être ajoutés pour obtenir un coût complet : le total encaissé ne suffit pas à mesurer la rentabilité.

Fixez une date de révision de la carte et préparez une explication simple pour chaque changement : durée revue, contenu précisé ou coûts réévalués. Mettez ensuite le même prix à l’accueil, dans le catalogue et sur la réservation en ligne, en précisant avec les clientes concernées le traitement des rendez-vous et forfaits déjà convenus.

FAQ

Comment chiffrer un forfait de plusieurs séances ?

Additionnez le coût attendu de toutes les séances, leurs commissions et les éventuels rendez-vous de suivi. Déduisez seulement les économies que le forfait produit réellement. L’encaissement à l’avance améliore la trésorerie, mais les produits et le temps des prochaines séances restent à financer.

Que faire si la durée varie beaucoup selon la cliente ?

Mesurez plusieurs cas et définissez des formats compréhensibles : durée, contenu ou supplément lié à une condition précise. Annoncez le montant convenu avant la réalisation. Un prix unique calculé sur le cas le plus court risque de sous-financer les rendez-vous longs.

À quelle fréquence faut-il refaire le calcul ?

Recalculez lorsqu’un coût important, une durée ou la règle de commission change. Faites aussi un point après plusieurs semaines d’activité si le remplissage réel s’écarte de votre prévision. Le tarif client n’a pas besoin de changer à chaque variation, mais vous devez savoir quand l’équilibre se dégrade.